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"Un voyage de rêve" : Changement de route

Sujet créé par KingCarcha le 15/04/2019 à 11:03 (édité le 15/04/2019 à 21:58)
3 juillet, nuit

Cette nuit là, un orage grondait. Véritable incarnation de la colère du ciel, il faisait rouler le tonnerre et illuminer ses nuages noirs de fabuleux et dangereux éclairs, alors que la pluie, diluvienne, se déversait en trombes sur l'ile Pleinelune et l’océan alentours… Sur celui-ci, un bateau s’éloignait des rives de l’île, tous les passagers à son bord terrifiés par ce qu’ils avaient vu. Un terrible événement s’était en effet produit sur la terre ferme : le Cauchemar, maladie qui faisait des apparitions périodiques jusque là qu’à Joliberges, était apparu et avait touché un homme isolé.
Le malade se trouvait d’ailleurs toujours sur l’île. Tremblant de peur autant que de froid, trempé par la pluie torrentielle qui transformait la plaine en une immense mare de boue, l’homme, son appareil photo gisant à quelques mètres derrière lui, se traînait au sol par la seule force de ses bras en direction de la rive. L’air abattu, hagard, il fixait le ferry qui s’éloignait, les yeux mi clos par l’épuisement qui le gagnait. Levant un bras, il le tendit vers le navire en un dernier geste désespéré…
- Non… dit-il, la voix faible. Ne me... laissez pas…
Puis il s’effondra dans la boue, s’évanouissant d’un coup.
Autour de lui se rassemblèrent des formes obscures, indistinctes, mais qui toutes arboraient une paire d’yeux et un sourire luisant d’un air démoniaque… Les ombres qui tourmentaient l’homme à terre se massèrent sur lui, s’infiltrant en lui, dans son esprit, dans ses rêves, afin de le dévorer de l’intérieur. Son corps déjà froid n’en avait plus pour longtemps à vivre.
Une seule ombre faisait exception cependant. Dressée au dessus du sol, regardant en direction de l’horizon de son oeil unique, luisant d’un bleu azur des plus purs, elle regardait le ferry s’éloigner. Après quelques instants passés dans cette posture, laissant la pluie ruisseler sur elle, l’ombre s’enfonça dans le sol… et, lorsque le tonnerre gronda à nouveau, elle partit à vive allure en direction du sud, traversant la mer.

4 juillet

Le soleil se levait au dessus de l’océan, illuminant les vagues de ses chauds rayons dorés, lorsque nous nous éveillâmes… La veille, pour passer la nuit qui venait, nous avions loué une cabine assez spacieuse pour nous y accueillir tous ensemble. Nous avions donc dormi presque comme des sardines en boîtes… mais on faisait avec les moyens du bord.
De toute façon, cela n’aurait rien changé à notre état de sommeil. Un temps agité par la houle, nous secouant tous à son bord, le bateau avait traversé la tempête qui s’était dirigée en direction de Joliberges. Le calme finit par revenir alors que le ferry réussissait à s’en éloigner progressivement. Pour autant, notre sommeil n’en fut pas davantage tranquille. Nous avions encore tous l’esprit occupé par les événements de la veille.
Le rituel avait échoué, et le Cauchemar était apparu aussitôt après, faisant sa première victime d’un touriste trop téméraire… Peut être avions nous réussis à fuir assez rapidement de l’île pour ne pas amener la maladie avec nous… mais c’était une énorme incertitude, et nous avions passé la nuit dans l’inquiétude de transporter à notre bord de futurs malades qui contamineraient la population entière.
Nous nous levâmes donc peu après le soleil. Ce qui signifiait que nous avions passé une courte nuit, au vu de la saison. Lorsque chacun de nous dressa la tête hors de sa couchette ou, à défaut de place libre, de son sac de couchage, nous nous regardâmes sans même nous saluer, notre expression aux traits tirés disant tout… Nous nous étions lancé dans un bien périlleux voyage.
Je fus le premier à me lever. Enroulant mon sac de couchage étendu à même le sol, entre les quatre couchettes qui avaient été disponibles, je laissai mon Draby se réveiller peu à peu en l’observant du coin de l’oeil… Il était vraiment mignon : s’asseyant d’abord sur le sol en s’avachissant légèrement en avant, il se frotta les yeux de ses deux petites pattes avant de bailler avec largesse, montrant ses petites quenottes toute blanche. Je ne pus que retrouver le sourire face à cette scène attendrissante… Sortant alors de mon sac quelques morceaux de poissons cuits gardés de la veille, je les lui donnai en guise de déjeuner. Alors qu’il les avalait goulûment, mes amis se levèrent à leur tour, se consultant du regard…
- Et maintenant ? dit Marc, assis au bord de la couchette en haut à ma gauche. Que faisons nous ?
Cette simple question me remémora la confusion qui s’était emparé de l’esprit de Marine, la veille, lorsque nous avions perdu Axel de vue. Je détournai un instant le regard de mon Draby pour regarder du coin de l’oeil mes amis derrière moi, les observant tour à tour… Je n’avais pas de réponse à donner. Pouvions nous continuer la suite de notre voyage ? Pascual finit par hausser les épaules, répondant à Marc…
- Ce qui est sûr, c’est que nous ne pouvons pas rester à Joliberges. dit il. L’annonce de la maladie faite, la ville va être complètement évacuée et interdite d’entrée pendant quelques temps. Nous devons en partir… et continuer la suite de notre voyage en oubliant le trajet par la mer.
Tout le monde hocha la tête. Nous n’avions en effet pas d’autres choix que de partir au plus vite de Joliberges. Notre programme pour la suite avait été de rejoindre Frimapic, son temple et son lac Savoir en contournant la très difficile route du nord de Sinnoh par la mer, en partant de Joliberges. Mais avec la crise actuelle, les voyages en bateau seraient sans doute annulés, les marins étant évacués avec le reste de la population, en direction de Féli-Cité. Il nous fallait suivre le mouvement…
Rentrer chez nous était cependant exclu. Nous convînmes donc rapidement d’un plan. Joliberges n’était après tout pas le seul port dont Sinnoh disposait. Il y avait Frimapic, bien sûr… mais aussi Rivamar. Notre seule solution pour éviter les conditions difficiles de voyage imposées par la route 217 consistait donc à prendre le ferry depuis Rivamar, autrement appelée la ville solaire. Nous ne changions ainsi que légèrement nos plans : nous avions de toute façon prévu de nous y rendre à un moment ou un autre, et d’en profiter pour faire le détour par le lac Courage. La seule chose qui changeait en vérité était que nous allions devoir traverser tout Sinnoh à pied avant de conclure par Frimapic et de rentrer enfin chez nous.
Après avoir fait nos affaires, nous quittâmes donc notre cabine. Une fois dehors, nous pouvions nous apercevoir que le ferry était déjà arrivé à Joliberges. Les passagers descendaient au compte goutte, encore peu nombreux en cette heure matinale. Nous descendîmes à notre tour, empruntant la passerelle qui avait été installée plus tôt. Sur le quai, nous croisâmes des habitants inquiets, s’étant levés aux aurores pour venir aux nouvelles afin de savoir comment le trajet jusqu’à l’île s’était déroulé, et si nous en avions rapporté les précieuses plumes. Visiblement, d’autres personnes avaient déjà dû leur annoncer la mauvaise nouvelle…
- C’est vrai, alors ? dit une femme, désemparée, à un membre du personnel de bord. Le Cauchemar est là et nous n’avons aucun moyen de le soigner ?
Le marin s’efforça alors de se montrer rassurant, levant une main en un geste apaisant.
- Calmez-vous, madame… Le Cauchemar n’a fait qu’une première apparition à l’île Pleinelune, il n’est pas encore à Joliberges. Le gouvernement fera sans doute évacuer la ville avant cela.
- Mais si vous avez amené la maladie jusqu’ici ? répliqua alors une autre femme, sa voix inquiète s’élevant plus fort que la dernière dans l’air du matin. Vous pourriez nous contaminer !
- Nous avons fait le tour hier, personne d’autres n’a été touché. Nous n’avons aucun besoin de mettre le bateau en quarantaine pour cela. Ne vous inquiétez pas, la situation est sous contrôle.
Laissant le marin et les habitants désespérés derrière nous, nous les dépassâmes alors en nous dirigeant vers la sortie de la ville, remontant pour ce faire en direction du pont. Nous en profitâmes alors pour admirer une dernière fois le superbe panorama de la ville qu’on pouvait y avoir…
Je perçus un grognement par dessus mon épaule, en même temps que la sensation que mon sac s’alourdissait nettement… Poussant un soupir en tournant la tête, je vis alors mon petit Draby qui grimpait dessus, encore une fois. Une fois au sommet, il vint s’allonger de sorte à ce que sa tête vienne par dessus mon épaule, à côté de la mienne. Souriant, je levai alors la main pour la lui caresser… Et il fit alors quelque chose que je ne lui avait jamais vu faire : il ronronna. Ou tout du moins, cela y ressemblait. Il avait l’air d’apprécier ce geste de ma part.
Draby tourna la tête pour regarder ailleurs, se soustrayant à mes caresses. Je remarquai alors que mes amis me distançaient sensiblement, et je hâtai le pas pour les rattraper. Ainsi, marchant d’un pas rapide, nous ne tardâmes pas à quitter le pont.

Avant de quitter la ville, nous repassâmes par le commissariat de Joliberges. Nous devions savoir si Axel allait bien. Quelle ne fut pas notre surprise lorsqu’on nous apprit qu’il était lui même venu se signaler au poste et retrouver ses affaires.
- Il est passé hier. nous dit l’officier de police auquel nous avions affaire. Nous lui avons posé quelques questions, et il est parti. Il nous a dit qu’il comptait quitter la ville, si vous voulez tout savoir.
- Est ce qu’il allait bien ? lui demanda Kathrina, inquiète tout comme nous.
L’officier lui répondit alors par l’affirmative :
- Oui, il se portait comme un charme… Nous lui avons fait la morale sur le fait de rester en ville pendant la nuit, mais il ne semblait pas malade, si c’est ce que vous pensez.
Nous en fûmes soulagés… bien que nous savions à présent qu’Axel n’allait pas nous attendre. Sortant alors du commissariat en remerciant l’officier, nous conclûmes qu’il était retourné chez lui, et décidâmes de passer le voir plus tard, lorsque nous arriverions à Féli-cité en continuant notre voyage.
Vint alors le moment de quitter la ville. Alors que nous partions sur la courte route menant au bras de mer séparant la péninsule du reste du continent, nous nous retournâmes une dernière fois pour admirer la vue de la ville sous les rayons du soleil du matin. Il était certain que nous n’allions plus y revenir, pas avant un bon moment en tout cas. Nous nous retournâmes ensuite, pour aller prendre le bac qui nous ramènerait à Féli-cité, de l’autre côté du bras de mer.



Pendant ce temps, le Draby d’Alan, désormais assis sur son sac, adossé contre sa tête, fixait d’un air insistant un point loin derrière leur groupe. Les sourcils froncés, il prenait une expression peu amène, comme s’il défiait quiconque il regardait de l’approcher, lui et son maître. De fait, il y avait bien quelqu’un qu’il observait. Une ombre indistincte se dissimulait sous le couvert des arbres bordant la route, observant le groupe tout en le suivant à distance…
Elle sourit, alors que son oeil bleu azur se plissait sur une expression malicieuse…
Tu m’as remarqué… pensa-t-elle. Tu es plus perspicace que ton maître, petit Draby… Mais cela ne vous empêchera pas de tomber un à un.
Alors que le groupe montait à bord du bac qui les transporterait jusque Féli-cité, l’ombre continuait de les suivre du regard. Se fondant dans le sol, elle traversa l’étendue d’eau par ses propres moyens, longeant la houle comme si elle y flottait, fermement décidée à accompagner Alan et ses amis dans leur voyage.



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